Dans un contexte où le financement des petites et moyennes entreprises agricoles reste un défi majeur en Afrique, FASA (« Financing for Agricultural SMEs in Africa ») franchit une nouvelle étape décisive. La France annonce officiellement son entrée au capital de ce fonds de fonds multi-bailleurs, rejoignant la Norvège, le Royaume-Uni et la Corée. Cet engagement stratégique agit comme un levier puissant auprès du secteur privé agro-industriel français, illustrant la capacité de FASA à transformer le capital public en investissements concrets pour la souveraineté alimentaire du continent.
La France rejoint FASA, une plateforme unique pour le financement du secteur agricole en Afrique
Géré par Investisseurs & Partenaires (I&P) et pleinement opérationnel depuis début 2025, (« Financing for Agricultural SMEs in Africa ») est une initiative panafricaine dotée de 86 millions de dollars. Sa mission : mobiliser des financements pour les petites et moyennes entreprises agricoles en Afrique. Pour y parvenir, FASA opère à travers trois axes complémentaires : le déploiement de capital catalytique aux fonds d’investissement actifs dans le secteur agricole, un programme d’assistance technique et un agenda d’apprentissage ambitieux visant à documenter et partager les leçons tirées au bénéfice de l’ensemble du secteur.
La France se réjouit de rejoindre la Norvège, le Royaume-Uni et la Corée au sein du partenariat multi-bailleurs de FASA, à travers un premier engagement financier.
Cet engagement permettra d’accroître les capacités d’investissement et d’assistance technique disponibles pour l’agriculture africaine, de créer des synergies avec les projets de coopération française existants sur le continent, et de contribuer à mobiliser des capitaux privés vers les PME agricoles.
Des acteurs privés français s’engagent pour l’entrepreneuriat agricole en Afrique
L’engagement de la France s’accompagne d’un d’intérêt du secteur privé agro-industriel pour la mission de FASA. Plusieurs groupes actifs en Afrique membres de l’association ALFA ont d’ores et déjà exprimé leur intérêt à co-investir et contribuer au sein de FASA pour augmenter les capitaux disponibles pour l’agriculture africaine : le groupe Castel à travers sa filiale Somdia, la Compagnie Fruitière, les sociétés Passion Fruit et Serène Conseil, la banque d’affaire africaine Financia Capital, Marc Debets, fondateur d’APEXAGRI, et JR FARMS, une entreprise nigériane. Une dizaine de sociétés françaises sont par ailleurs actuellement en discussion pour rejoindre l’initiative, qui a pour objectif de mobiliser une centaine de millions d’euros de capital supplémentaire. Ces intentions de cofinancement illustrent le modèle de FASA : utiliser le capital public pour attirer davantage de ressources commerciales au bénéfice de l’agriculture Africaine.
De nombreux impacts attendus
À travers cet investissement, la France contribue à un effort qui vise à soutenir au moins 8 fonds d’investissement agricoles actifs en Afrique. Ces fonds financeront eux-mêmes des centaines de PME agricoles dans une dizaine de pays du continent.
L’impact visé s’articule autour des trois thèmes d’impact de FASA :
- Amélioration des revenus des producteurs et la création d’emploi dans les chaînes de valeurs agricoles
- Renforcement de la sécurité alimentaire et de la nutrition.
- Adaptation des chaînes de valeur agricoles au changement climatique ;
Dans le contexte géopolitique actuel, renforcer la souveraineté alimentaire et agricole du continent africain est une priorité partagée par l’ensemble des partenaires. L’engagement de la France dans FASA s’inscrit directement dans cet objectif.



